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jeudi, 30 août 2007
Frivolites du nain de jardin

Je viens de consacrer deux demi-journees au jardin. Enough, c'est enough, j'arrete tout, j'abandonne. J'ai le dos casse, je me suis faite piquee par des bugs, je suis toute raplapla, trempee, rougeaude, pas belle. Dans deux secondes je me termine au desherbant.
J'aurais prefere jouer les Marie-Antoinette, un ruban de satin sur la crosse imaginaire de mon rateau, soulevant delicatement du bout de mon escarpin une motte de terre, semant la petite graine, bien gracieuse, mais non ... c'est reality-show dans mon patio. C'est crocs aux pieds, jogging pendouillant, le chignon deja eparpille que je suis attelee a ma tache. But de l'entreprise: redonner un semblant de beaute au frontyard laisse en friche.
Apres deux mois d'abandon, cette vilaine chose a tourne en terrain vague. Les herbes folles, les rampants et les tiges seches, reminiscences d'un passe fleurit, ont pris possession du lieu. Je dis : indiscipline et anarchie, j'accuse, je vocifere.
Trois gros tas plus loin, secateur et pelle en main, me voici haletante, revant aux rayons bien ordonnes du Home Depot le plus proche et a mes futurs achats de travailleuse. Je m'imagine caressant la dentition parfaite de la debrousailleuse, esssayant les machoires puissantes du secateur en acier, me tortillant soufflee par la puissance du black-blower ... il fait si chaud.
Je n'ai plus le temps, je dois biner, taillader, me baisser, regrouper, arracher, grogner, suer. ARGGGGGLLLLLL, je deteste jardiner. Soleil de plombs et temps de reve. J'ai mieux a faire, une piscine a meubler, des transats a lover, un Diet a deguster et un bon livre a terminer.
Une jolie maison qu'elle voulait, un grand jardin qu'elle demandait la Dame ... et les petites mains, le petit personnel qui vont avec ? Sont ou ?
Pas le temps de finasser devant les pissenlits ou de negocier avec le chiendent, il fait de plus en plus chaud. Je creve de plein de choses a la fois, j'vais mourir de tout.
J'ai fait le plus gros, je laisse les tas pour H. C'est pas bien difficile, ils sont juste dans le passage, pourra pas les rater ! Yaka se baisser, ramasser et mettre dans les trois ou quatre gros sacs que j'ai deja sortis. Comme une impression de deja-vu, je n'en suis pas a mon premier coup d'essai, et ca marche presque a chaque fois, petite scelerate !
Allez demain je me remets a mes bloggeries, c'est bien plus drole ! Me manque juste les sujets ! Des idees ?
mardi, 28 août 2007
Beware of the kitty cat
Rentree Ok et la matinee qui a suivi bien pourrie. Malheureusement, je ne peux m'etendre sur le sujet, qui concerne, une petite partie de ma vie sociale de merde. Engagement personnel pour faire avancer le schmilblick. Ce microcosme dans lequel je me suis a demi-enfermee me deroute. Quelle connerie, j'aurais mieux fait de ne pas m'impliquer.
Conflits internes et lutte pour une vie meilleure pour gentils expatries. Je ne m'etends pas: toujours cette peur que quelqu'un d'ici ne tombe sur mon blog. Je fus donc d'humeur assassine toute la journee. Nageant dans l'incomprehension de mon prochain, les griffes dehors, prete a mordre. Je respecte les differences, mais il y des choses qui me semblent tellement enormes. Tu as beau faire des efforts, tenter de comprendre, de bousculer un peu, a un moment donne quand tu butes sur le meme mur, il faut savoir laisser tomber. Frustration, amertume, enervement.
Je me demande finalement, si je ne suis pas devenue intolerante. Je demeure confuse et vraiment contrariee par ces disparites de menageres de moins de 50 ans.
Passons. Je n'assume pas ce cote debile de situation qui fait soupirer et hausser les epaules de H, c'est dire ! Shame, shame, shame ...
Hier, cote Mini Blabla, c'etait la rentree des classes.
Mini Trashy s'est faite avaler par un yellow bus a 7h41 a trois pas de la maison. Elle a donc fait sa grande rentree toute seule. J'ai eu le coeur serre de ne pas pouvoir l'accompagner "proprement" en voiture jusqu'a son ecole. Pas le choix. J'ai explique. Mais je ne pouvais faire deux rentrees a la fois et ni, bien evidement, etre aux deux sorties au meme moment.
Elle fut deposee par le meme bus a l'heure du gouter. Juste 20 minutes de retard sur l'horaire donne. Mega flippage, je l'imaginais l'ayant rate, pleurant abandonnee au milieu du parking de son ecole et bien pire quelques instants plus tard... allez, cinquieme couche de culpabilite etalee facon Nutella - donc a la louche - dans mon coeur de mauvaise mere.
Apres avoir alerte quelques autorites, foutu la trouille a H et fait flipper ses soeurs, j'ai enfin appercue la jeune fille a trois pas de maison. L'air heureux. OUF ! Je suis soulagee de la voir, parce qu'apres l'avoir imaginee paumee sur le campus, j'en etais a la disparition, au viol et a l'assassinat. Oui, je sais, je construis vite, j'echafaude, mais ca va toujours tres vite dans la tete d'une mere inquiete !
"Genial, super ... ma voisine de locker blabla blabla blabla et il y a une fille qui a l'air super sympa dans ma classe de trucmuche ..." je suis rassuree ! Je n'ai toujours pas compris le fonctionnement d'une journee de cours de sixieme. J'ai l'impression qu'elle a les memes cours tous les jours, aux memes heures, que les prof sont installes dans les memes classes et que les eleves ne forment pas une seule classe mais que la classe se forme selon les cours. Ainsi la classe de mathematiques ne sera pas composee des memes elements que la classe d'anglais, ni de celle de gym, ou encore celle du cours d'histoire-geo ... Strange, non ? A suivre.
Rentree scolaire des autres mignonettes en terrain connu. J'ai trouve Mini Sweet ( number 3 ) un peu a l'ecart, ayant du mal a se meler aux autres, je l'ai sentie plus petite. Mini Belle des Champs ( number 2 ) un peu decue de ne pas retrouver son amie de l'an dernier mais contente de retrouver les autres et Mini Ballerina ( number 4 ) tres etonnee de se retrouver dans la cours des grands, cherchant des yeux ses maitresses adorees de l'an passe, esperant secretement appercevoir sa petite amie retournee "pour la vie " au Maroc.
Toutes assez decues de me voir arriver a l'heure et de ne pas pouvoir jouer un peu plus longtemps sous les 40 degres de ce milieu d'apres-midi ... No faiiiiirrrrrrr Mummy ! Donc c'est bon, je suis rassuree ...
Pas de nouvelles tetes de mon cote, un cafe avale vite fait a la cafet' de l'ecole, proposition de sortie franco-americaine entre fed-up women cette semaine, YEEESSSSSSSSSS.
jeudi, 23 août 2007
Ravie en RV
Joie, bonheur et tressautements dans ma poitrine a l'évocation de ces cinq longs jours dans mon mobil home a moi ...
Rappelons que cette idée lumineuse m'est venue toute seule. Il me manquait cette expérience a mon palmarès. Le camping car en famille. En RV je suis ravie.
Moi-je-dis WOW, congrat' et tout le bazar, parce que quand même ...
Nous avons longuement hésite, surtout H connaissant ma patience légendaire, mon amour des choses bien rangées et mon besoin d'espace vital et de propreté. Non pas que je sois une dinde de luxe, simplement une mere de quatre. J'ai insiste, me régalant par avance des mines réjouies des filles et des paillettes dans leurs yeux ... nous avons opte pour cinq jours. Deux jours a l'intérieur du parc national d'Estes. Le reste en itinérant, nous arrêtant au gres de nos envies. Seule contrainte, ne pas dépasser les 100 miles par jours.
Nous voici dans la peripherie de Denver, a la recherche de notre Eldorado. Un grand beau et bien propre RV.
Il était un peu moins grand,, un peu moins rutilant et moins apetissant que sur les photos. Il n'a que quatre ans, je lui en donne six de plus. Pas grave, ca va être super.
Je suis deja nettement moins excitée qu'au départ.
Espace pilote et co-pilote, au dessus, une couchette pour deux, j'imagine deja bataille entre les enfants pour conquérir l'endroit et en faire un repaire de pirates. Tres etonnee, limite decue, la bataille n'aura pas lieu. Les deux petites ont peur de tomber et Mini Belle des Champs ne semblait pas plus rassurée. Mini Trashy s'est donc emparée, triomphante ( ? ), de son nouveau royaume.
Une banquette derrière nous, dans son prolongement, une table et deux autres banquettes. La nuit tombée, par des pliages-dépliages magiques, nous avons les deuxième et troisième couchages. Cette partie de l'engin est télescopique et se déploie vers l'extérieur. Un peu de place en plus, ca ne fait pas de mal ...
En face, une cuisine au gaz plutôt moderne, un four et un micro-ondes. Un TV, un DVD pour l'ennui. Un fridge.
Petit couloir, a droite salle-bain, lavabo, wc ( ma hantise tout le voyage que ca refoule ), a gauche la douche.
Enfin, notre chambre, rideau en accordéon rigide, un queen, des placards en veux-tu en voila ... boite de Stilnox, masque d'avion et self-control sur la tablette de nuit.
Draps propres,une provision de couvertures, une caisse Tupp. remplie d'ustensiles de cuisine, assiettes, bols, verres ... moquette partout sauf lino dans l'espace kitchen.
Petit, mais assez bien conçu ... génial quand il fait beau, quand les enfants ne sont pas malades, quand on a un balais.
Tout est exactement comme dans le mobil home de ma copine Barbie, oueeeeee ... sauf que elle, elle n'y va accompagnee de Ken ou de ses copines !
Pepere au volant, Memere avec ses lunettes de soleil bricolees ( j'ai acheté un truc a clipper sur mes vues, ravissant, vraiment ! ), cartes a portées de main, ordi sur les genoux. Manque le caniche-a-sa-maman, saumon ou blanc avec les yeux qui coulent de préférences et les des en pilou-pilou porte-chance ramenés de Vegas qui pendent au retro.
En voiture Simone ...
Une petite experience de camping a me raconter ???
mercredi, 22 août 2007
Hala-i-la Hala-i-oh Heidi Heidi
L'appel des montagnes n'a pas eu lieu.
Cette fois c'est definitif, je ne suis pas une fille verticale mais bel et bien honrizontale. Bon, il fallait juste me demander, je ne suis pas si compliquee, je dis les choses, moi.
Apres avoir ete bercee mes trois premieres annees par les alizes des antilles, je dus ensuite, durant des decennies, suivre contrainte et forcee, les double pas de mes aines.
Le Vieux Campeur etait leur repaire, les sommets suisses, italiens et francais leur centre d'interet. Maintenant, ca galope au Kili, sur le Mont blanc et ca prepare des courses en Equateur ...
A l'epoque ca fartait fort, ca grimpait rude, ma canne etait taillee dans le jeune noisetier, mes grosses chaussures etaient a crochets, mes lacets etaient rouges. Manquaient juste une culotte de peau, deux macarons pour terminer le tableau. Les taches de rousseurs sur le nez, je les avais deja, la gourde en fer aussi !
Je commencais mes premiers pas sur le chemin des escargots, pour ensuite, gambader gaiement sur le chemin des clochettes. Tete en l'air, je continuais mon chemin, humant les edelweiss, admirant les chutes d'eau, deviant le cours des torrents, sifflotant avec les marmottes. Les dents blanches, celles du midi, Planachaux, la Jungfrau, plus tard, en France, le parc des ecrins ... ah que de souvenirs.
A ce moment la, ca allait, j'etais encore maleable et pleine de courage. Je galopais, bercee, enfin bernee, par les histoires que me racontait mon pere pour me faire l'ascension plus douce. Passe la douzaine, je commencais a raler, a trainer, a lambiner, trop dur, trop long, pas drole. Suguss ou pas, marcher etait devenu la corvee de l'ete. Meme un Opinel a la main, prete a tailler mon noisetier le long du chemin, j'etais saoulee, fatiguee, je suis une fille des iles, une petite fille du soleil ...
... le printemps n'attend pas, petite fille du soleil, non ne pleure pas.
A 17 ans, je me suis definitivement rebellee, les bras croises, l'ecume aux levres. NAN.
Alors pensez vous, la trentaine bien entamee, mon education de randonneuse definitivement enfouie, s'est perdue a jamais. Pas meme un premice de plaisir dans ces courses effrenees ... je n'aime pas.
Je savais ce que me reservait cette aventure au Colorado. C'est pourtant magnifique, des paysages sont a couper le souffle, mais non, rien a faire, pas de courses, de montees, de lacets ...
Je suis partante pour les promenades, les flanneries sur les petits chemins vallonnes de mon enfance. Mais pas les trucs de la mort qui me tue et m'essoufle a pourcentage de montee, effrayant.
En plus devant les enfants, quelle image puis-je donner ? Celle d'une vieille mere rougeaude et a bout de souffle ??? Tsss-tsss non, non, non. Je n'aime pas, je n'aime pas, un point c'est tout.
Je ne pourrais donc pas vous parler des randonnees de 7 ou 8 heures faites par H et deux de ses filles ( jumelles en carotte ), les glaciers decouverts, les lacs appercus. Juste des deux ou trois avortees auxquelles j'ai courageusement participe... celle du premier lac peut-etre, ou j'ai cru mourir et que nous n'avons pas pu terminer pour cause de temps tres orageux. Nous sommes rentres trempes, geles, deux des minis effrayees par l'orage qui grondait au loin ... 4 heures de marche quand meme. Et surtout une ampoules grosse comme un oeuf de caille qui m'a servie d'excuse pendant cette semaine de repos chez Heidi.
Je me suis donc collee au bord d'un torrent, dans la vallee ( deja a plus de 3500 metres d'altitude ).Bouquin a porte de la main, Crocks aux pieds pour patauger. J'ai fait mon barrage tranquillou avec mes deux petites camarades de jeux.
J'ai malencontreusement fait "offrande" de mes Gucci solaire de vue au Dieu des montagnes, en les laissant - connement- glisser dans le courant. P***** les boules, mes dernieres solaires ... GRRRRRRRR.
Vous, la montagne, l'ete, ca vous fait quoi ?
mardi, 21 août 2007
Divagation ordonnee de la midinette
lundi, 20 août 2007
Tagada tsoin-tsoin
Fin des vacances.
Retour au bercail, vrais murs, grande baignoire, machines a faire, maison a reprendre en main, enfants a canaliser, photos et souvenirs a classer.
La piscine a tourne mare aux canards, le systeme de filtration s'est arrete comme par magie. Les mauvaises herbes ont profite de notre absence pour s'etaler et s'enraciner a des endroits interdits. Va falloir s'y mettre avant de passer pour les white trash du quartier.
Rentree des gredines le 27, c'est pas trop tot !!! Quoi ... elles sont en vacances depuis debut juin !
Pre-rentree le 25 pour Mini Trashy qui va se faire expliquer les regles du jeu de sa Middle school. Et entre autre comment se servir de son cadenas de locker.
Y'a que ca qui m'excite : ca va etre comme dans les series. Cette longue et fine armoire de fer cadenassee. Celle que l'on bouscule a la sortie des classes, celle sur laquelle on se precipite pour y engouffrer tresors et papiers inutiles, ou de bien trop lourds livres de classes. Celle que l'on decore avec soin de photos ou de stickers meme si c'est interdit, ou d'un miroir pour les plus coquettes.
Je lui ai achete deux petites armoires en fer a glisser dedans, des magnets, un porte-crayon-porte-merdouilles a aimanter a l'interieur de la porte. Trop cool.
La rentree americaine, enfin la rentree tout court, sent les longs couloirs, les bousculades, les bandes, la Converse et le jean. Les salles de classes ont toutes des fenetres sur la porte, la sonnerie sera differente, d'ailleurs c'est une bell ! Le matin, le yellow bus viendra happer les eleves au bout de la rue, leurs sacs a dos barioles ... ca sera pas du t'as-ton'-Tan's croyez moi...
C'est chouette une rentree des classes. Ca sent le crayon bien taille, les cahiers aux pages bien lisses, le bon eleve, enfin, de mon temps, c'etait comme ca ! C'est apres que ca se gate. Le crayon se mordille, les cahiers s'ecornent, les doigts se tachent, les genoux s'etoilent ...
Bref, une bonne rentree a l'americaine, drole et stressante comme une sixieme doit l'etre. Je l'envierais presque d'avoir des noeuds dans le ventre !
Les fournitures ont ete achetees en debut d'ete pour certaines, commandees directement a l'ecole pour les autres. Les rayons rentree des classes ont ete devalises.
Halloween pointe deja timidement son nez, y'a deja Noel qui pousse derriere.
C'est chouette la rentree ! J'espere que ca sera bien et que je me ferais plein de copains ...
Ca se passe comment de votre cote ? Encore entrain de tailler le crayon ?

21:59 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, rentree, vacances, moral, chaussettes
samedi, 18 août 2007
No
06:05 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, colere, sur le retour
samedi, 11 août 2007
Breakfast in Limon
Pour decrire les paysages rencontres et les routes que nous avons traverses du Texas au Colorado, il suffit de plonger - juste pour y gouter - dans les deux premieres pages du roman de Truman Capote De sang froid.
Rien que cela, oui Madame !
C'est tellement juste et tellement inchange quelques 35 ans après, que s'en est presque effrayant.
C'est comme si cette parcelle de pays etait restee figee dans le temps.
Je n'aurais pas ete surprise de voir debouler au loin, une diligence poursuivie par des indiens, eux-meme, pourchasses par des cow-boys.
J'aurais sans doute pu rencontrer les petits-enfants Ingalls, ainsi que ceux de cette sale peste de Nelly Olson, si nous nous etions perdus dans un coin encore plus recule.
Je retrouve les memes hautes plaines, la meme region solitaire, un no-where vertigineux qui aurait pu me filer le bourdon si je m'y etais attardee un peu trop. D'ailleurs, en ce moment le bourdon n'est jamais tres loin et les larmes souvent la ... humeurs de femme ?
Mais comment font-ils ? Comment vivent-ils ? Plaisirs simples et certainement moins compliques que les mien ... So superficial ?

Notre voiture est devenue une veritable machine avaleuse de bitume. Nous avons juste un large ruban gris a digerer au milieu de ce patchwork vert de terres de paturages et jaune de champs de ble.
Quatre petites heures de conduite pour moi, facilitees par le cruise control mis sur 70. Mes pieds s'endorment sur le plancher. Je n'ai rien a faire, je me contente simplement de suivre les pointilles jaunes fluos, c'est tout droit, toujours tout droit, de temps en temps une voiture a doubler, un enorme camion chrome a depasser. Je serais rapidement bercee par cette douce monotonie, si il n'y avait une bande de furies mal canalisees dans mon dos ... ca rale, ca chouine encore. Ca ne cessera jamais, j'en ai peur ! Je suis une mere fatiguee.
Je clichette a mort avec les fermes isolees, les derricks, les eoliennes abandonnees, les troupeaux microscopiques de betails au loin, les hordes de chevaux en semi-liberte, les barnyards rouges et blancs.
Certains champs sont tout ronds. Comme des palets.
Ce pays est si grand, qu'il peut se permettre toutes les fantaisies.
Je crois que c'est cet espace et cette demesure qui me manqueront le plus.
Nous faisons un premier stop a Limon, joli bourgarde de ... tres peu d'habitants !
Arret a point d'heure dans le troquet local, affames et fatigues.
So typic ....
Tous les habitués, accoudes au bar, pivotent sur leur tabouret, au son de la clochette qui se declenche a l'ouverture de la porte.
Tous ont une biere a la main et nous saluent d'un grand Y'LL general.
Les hommes portent des bottes de cow-boys, des Stetsons vises sur la tete et des chemises a carreaux. Les femmes sont en jean, tee-shirt ou chemisiers. C'est la mise en plis du week-end. C'est la sortie du vendredi soir. YEAHAAAAA.
Les jeunes vautres sur les banquettes en sky beigeasse avec leur date a peloter, ne nous jettent qu'un vague regard. Leur soiree est deja bien entamee, ca French-kiss a mort et ca bibine sec.
Devant nous, sur l'un des murs, un John Wayne geant nous fait un clin d'oeil, il est d'ailleurs present un peu partout. Celebrite locale, réminiscence de l'ancien temps.
En face, une tete de cerf empaillee se marre. Au fond, eclaire par un plafonnier tres bas, un billard attend ses joueurs. Deux TV sans le son sont plantees a chaque coin de la salle.
Tout y est, je suis dans mon saloon, devenu family dinner pour l'occasion.
Je finalise direct le cliché en atterrissant dans un motel bien pourrave de l'autre cote de la route.
Welcome au Safari motel, ses chambres, sa piscine eclairee par un palmier electrique. Bien trop fatigues pour chercher quelque chose d'autre.
Les murs sont en papier de cigarettes, on se demande meme pourquoi ils ont construit des murs. La moquette bordeaux-moche est toute rapee, les murs sont lezardes, le robinet de la baignoire goutte inutilement. Une bible, une TV, un reveil, une clim infernale.
Tout y est, encore et toujours, j'adore. Meme si j'ai pousse un grognement de degout en entrant et un soupir exaspere en entendant le voisin du dessus se coucher a quatre heure et le reveil de ceux d'en face sonner a six ...
Malgre mon impression de depart, c'etait relativement propre. Je n'ai dormi ni en chaussettes, ni avec un pull roule en boule en guise d'oreiller. Bon, juste un Stilox pour la forme, pour calmer mes dernieres angoisses de et-s'il-y-a-avait des betes planquees ou d'autres residus inconnus laisses par les precedents voyageurs ... no comment.
Bon nous aurions pu atterrir ici, c'etait du pareil au meme ! Bon la suite dans Heidi version trashy.
Coming soon ...
01:38 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
samedi, 04 août 2007
On the road again
400 miles de parcourus aujourd'hui. Un bon road trip comme on les aime.
Des camions monstrueux customises genre "Pimp my truck" , avec des flammes de l'enfer barbouillees sur leur carosserie, rouges, oranges, bleues pour les plus fous. Roulant tres vite, conduits par de gros bras tatoues dans des cabines enfummees. Homme femme, jeune, vieux, je suis a chaque fois curieuse de voir quel en sera le conducteur.
Des voitures de police faussement cachees sur le terreplein central, qui font soudainement freiner tout le monde ...
Le soleil rouge-orange qui se couche sur les silhouettes de ces mirois a 16 roues, halte a Oklahoma City, dinette chinoise et dodo.
Demain 700 miles a avaler, les reliefs vont changer.










