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lundi, 31 décembre 2007
12-31-07
Je ne comprends pas, ce matin, nickel tralala coeur en fête, Bonne Année, Happy New Year beugles par des chapeaux pointus avec humains en dessous dans mon HEB de quartier ( la supérette du coin ). Queues aux baraques de feux d'artifices, allégresse et bout entrain !
Et v'la la croks troquée avec le sabot, en fin de déjeuner, genre 14h34, heure mexicaine - parce qu'ici c'est aussi cosmopolite - que raboulent les résolutions de fin d'année que je redoutais tant.
Soit, une bouteille fut ouverte et terminée. Et ça aide pas croyez moi.
Soit, la mélancolie n'avait pas pointe son nez depuis belle lurette.
Soit, j'avais très mal dormi malgré ma sucette goût somnifère, encore toute perturbée par un énième épisode de Lost.
Soit, des pensées éparpillées aux quatre coins du monde mais quand même pas mal centralisées vers l'Europe.
Soit, H s'est pointe avec son contrat de vie pour 2008. Genre un anti-casse-couilles-femme-enfants-famille-patrie. Le truc pas casse-gueule sur lequel je me suis vautrée avec splendeur et délicatesse.
OUINNNNNNNN j'veux pas partir ...
Soit. Parce que j'ai demande le sanglot coince dans la gorge aux brutasses de la maison ce qui leur manquerait le plus ici, en n'écoutant que mes gémissements internes.
Soit. Parce que j'ai parle de nos vacances futures genre été 2009, évoquant la voix enrhumée, que peut-être un échange appart'/ maison ou un simple gardiennage de maison de copains pouvait être a envisager.
Soit. Parce que je vais essayer de trouver une communauté américaine la ou je serais, ou simplement anglophone, parce que lycée international a perpette n'est pas donne.
Soit. Parce qu'il faudra savoir quel bouquet choisir pour avoir ces chaînes débiles américaines dont je raffole tant, je n'entrerais pas dans le détail futile de mes perditions actuelles.
Soit. Parce que je suis pétrifiée de peur a l'idée de rentrer. Que j'ai pas envie de perdre tout ça, même si ce n'est qu'un faible reflet, qu'une simple expérience, qu'un épisode parmi tant d'autres dans ma vie. Pas envie, no choice.
Soit. Parce que j'aime bien ces étendues, ces panneaux verts, cette politesse de route même si je reste une connasse de vilaine française dans toute son horreur prête a doubler le chariot de la vieille dame dans la queue du Carrouf pensant même au croche-patte a lui faire en passant, ou de gruger a la file du téléskis pour gagner deux minutes avec un air dégagé ... so what ?! Ça va, je l'ai pas fait depuis mes 15 ans et je n'ai jamais fait de mal aux vieille dames.
Soit. Parce que même si j'aime pas plein de trucs dans ma vie d'ici, les US, c'est pas rien. Il faut le vivre pour le comprendre. Et il faut partir pour le regretter.
Même si je déplore - tardivement- avoir couru inutilement et comme une imbécile après une vie sociale d'expatriée que j'aurais souhaite avoir, que ça n'existe pas ou si peu. Le Ravi du village dans la crèche, cherchez pas, c'est moi. J'enrage maintenant sur cette énergie dépensée et ce temps perdu. Maintenant voila, le cote je-mouline qui ressort.
J'aime surtout ma vie avec mes américains-de-voisins, mes chit-chats de comptoirs avec les inconnus, mes rencontres, mes prises d'électricité a trois points, les Down-Town majestueux, les interrupteurs, la météo texane, les minis bilingues, les fenêtres qui se coulissent par le bas, les autoroutes a 1000 voies, les trucks, les cow-boys, le way of life, la gentillesse même si elle est superficielle, les gros steaks larges comme une main de géant, TOUS les évènements festifs a mettre en scène façon Disney dans son jardin ou sur son balcon, ces magasins toujours ouverts, cette civilité de base ... je sais aussi que ceci n'est que la jolie partie de ce pays aux inégalités irritantes mais je ne suis qu'une touriste de vie qui passe, qui découvre et emmagasine. J'ai touche du doigt au rêve américain et j'ai aime.
Mais ne croyez pas que tout fut facile. Tous ces deuils survenus pendant notre absence que nous avons pleure en différé et mal enterres. Les malheurs de nos très proches que l'on n'a pu soulager a distance. Mon désarroi de mère a notre arrivée face au mal être d'une de mes filles, que j'ai cru que jamais nous allions nous en sortir. Nos petits bobos a l'âme, nos blessures de vie survenus tout au long de ces cinq années.
Je suis privilégiée, j'en suis consciente.
Mais mes sentiments actuels sont au delà de l'aspect financier et matériel dont nous avons pu bénéficier ici. C'est quelque chose d'impalpable qui ne s'achète pas. Je ne suis pas sure d'être très claire, encore moins que l'on me comprenne. Whatever.
C'est la première fois que ca m'arrive de ne pas vouloir rentrer. Mais je ne veux pas rester non plus. Pas taper, pas taper ...
16:10 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Blabla de fille, jour de l'an, USA
samedi, 29 décembre 2007
Rudolph, Santa & Blablabla
A l'aube de cette nouvelle année, des petits riens ou des pas grand chose. Ca dépend comment tu te places.
Au premier rang, je ne sais toujours pas comment regarder le fourbi passe et appréhender paisiblement celui a venir.
Pas d'étalage de cadeaux. Santa fut raisonnable pour les adultes, car trop de belles dépenses tout au long de l'année. Mais t'inquiète, c'était bien quand même. J'ai eu de quoi être épanouie durant ma journée, mon mois et mon année. De son cote, H peut jouer avec ses mains et laisser son imagination - trop fertile d'animal lubrique et alcoolique - aller a sa guise. Not too bad.
Les truffes ont eu leur lot de Playmo rigides, de Pet Shop chancelants, de jeux vidéos qui rendent fous, parce que quand même faut pas pousser mémé dans les orties. Leurs yeux ont brille, les mains se sont agitées et elles se sont toutes exclamées " c'est ce que je voulais ", y'en a même qui l'ont vu voler.
Nous fumes donc tous contents le matin du 25.
Manquait juste un soupçon d'impatience des deux adultes que nous sommes peut-être un peu trop devenus. En fait je ne sais pas. Ces semaines ont été rudes et fatiguantes. Nous sommes tous les deux bien nases.
Pas de vrai bilan de fin d'année. A quoi bon se flageller en public! Y'en a qui s'en charge sans qu'on ne leur demande. L'appréhension de l'année chaudasse qui arrive a déjà bien flingue deux trois trucs. Des deceptions dans les rapports avec autrui, fictifs ou bien reels. Je resterais vague concernant les choses déplaisantes du bastringue. Des richesses donc. De jolies rencontres. Des envies mieux cernées. Des bricoles capitales pour nous. Des idées fixes et fixées. Et toujours et encore des rêves, nombreux a réaliser.
Fragilité du temps qui passe mais grandes enjambées de la tête.
Encore moins de bonnes résolutions a venir et a ne pas tenir. Vu celles de 2007, vaudrait mieux se la boucler et continuer profil bas. Pourtant toujours pleine de bonne volonté, je reprendrais donc celles de l'année dernière, genre je fais ce que je veux avec mes cheveux.
En ce sunny samedi après-midi, pyjama day, 14 degrés, les bananiers sont coupes, les feuilles ratissées, les enfants sont occupes, le sapin est défait, oui déjà. La Saint Valentin a flanque Rudolph dehors et se trouve en tête de gondole, les maillots de bain ont déjà fait leur apparition et Laure Manaudou s'est rhabillee.
Pas de mortels projets pour le 31, il fait bien trop beau pour y penser. C'est surtout que je n'aime pas ces soirées ajustées.
Envie de rien de petits rien ou de pas grand chose, au choix. Tu t'es place comment finalement ?
23:50 Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : Blabla de fille
dimanche, 23 décembre 2007
-4 Clear
Chamboulement terrestre, ici -4 clear ou comment je me les pèle sévère.
J'ai pourtant échange mes mulasses de pétasse contre mes ugg moutonnées d'anniversaire, me suis pashminee le cou, je me caille encore la mort de tous mes membres. Manque le bon vieux Damart des familles, mais j'ai déjà la bouillotte pour la nuit, very sexy.
Plus du tout habituée la donzelle a tant de fraîcheur. Et que je te passe d'un pépère 19 degrés a un soudain moins-quelque-chose, que je te fiche un vent de folie dans les naseaux genre blizzard pile le soir ou l'on sort la smala admirer l'attraction du coin et ses 3,309 bulbs.
Oui Madame, le fameux chemin de lumières, ses 41 scènes illuminées, son mile de décorations a faire tous a la queue-leuleu. A la queue-noeud-noeud oui. Je t'en foutrais de la soirée loose. Toi t'as les vitrines de Noël, nous on a le trail.
Arrives a 18h déjà congelés, ouverture a seulement 19h, une petite demi-heure d'attente dans la bagnole qui transpire la centaine d'huîtres achetée ( seule good news de la journée ) et les saucisses d'alligator et de porc ( pas pu résister, need to test, c'est so exotique ) avec les boulets qui râlent déjà a l'arrière. Deux claques, une torgnole et au lit j'te dis.
Nenni me dit mari-chéri toujours d'humeur égale ou comment tu devrais prendre des leçons de vie et de patience.
Au compteur, j'ai eu froid aux doigts et j'ai maintenant mal a la gorge, le coca de Mini3 s'est renverse dans ma poche, gouttant sur mes pieds en peau de mouton. Deux des crapules avec des envie de pipi au milieu du trail que tu ne peux même pas envisager faire demi-tour pour cause de tsunami humain qui te pousse en avant. Que tes filles elles sont pires que toi, pisser dans les rues, au fond du jardin, no problem, mais dans une cabane en plastique bleue aux milles odeurs, NEVER. J'ai quand même vu des sacs de couchages avec des jambes marcher a mes cotes.
A l'ouverture des portes de la cuisine je vous dirais combien sont mortes dans la nuit dans d'atroces frissons. Moi je m'en moque, j'ai une bouillotte et un mari a usage multiple au fond de mon lit.
Ceci dit, concernant les huîtres du Golfe du Mexique, très bonnes, un peu grasses certes, mais avec le petit filet de citron, ça glisse tout seul. J'adore, je regrette juste de ne pas avoir eu l'adresse avant, un pain de seigle et une motte de beurre bretonne livres avec. Je l'ai joue finaude sur le beurre, j'ai pris mon rectangle de beurre et je lui ai colle du gros sel affine de Re dessus. Pour le pain de seigle, tu repasseras, je ne sais faire que la pâte a pizza et le pain de mie.
Menu de Noël en préparation extrême. Huîtres, foie gras, mini feuilletés d'escargots, mini feuilletés de St Jacques et bûche aux framboises. J'ai tout trouve, faut juste que je me mette en mode Yakafokon. Le tout home made sauf pour les mollusques, parce que même si j'ai une moule et que je peux vivre dans l'eau sale d'un lagon bleu sans passer pour une sirène, because j'ai pas de branchies, je ne fabrique pas de perles, je peux juste les enfiler. On en restera donc a Oui, j'ai les bulbs, le trail, deux mains et l'hymne national, mais toi, t'as les vitrines, les surgelés Picard et Ladurée. Cherche pas y'a plus de rapport.
Je vois bien le tout, genre dînette, vautrés par terre sur la table basse du salon devant un feu de cheminée, le tout éclairé a la bougie. Je prends des risques et j'aime ça.
Ici maintenant -5, fair ... j'te dis ça craint du boudin créole ou pas, c'est toi qui vois, a pas t'arracher de ton lit, d'ailleurs, j'y retourne car ce soir j'ai concert de rock avec la Wii. En gros tu sais aussi ce que j'ai eu comme cadeaux a mon anniversaire.
Bon je reviens pour Noël te faire part des évolutions de la météo texane et te donner une vue d'ensemble des mes vacances.
15:40 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Blabla de fille, noel, USA, huitres, famille, patrie, sextoys
mardi, 18 décembre 2007
Les oreilles et la queue mais surtout ma connerie
Il y a quelques jours, fuyant le jour de Suzon, direction W., 1h14 au sud-west d'ici.
i-Phone en Mapquest, cruise control enclenche. Oui les deux sont compatibles et j'écris mes mails en même temps. Je fais un-peu-ce-que-je-veux-avec-mes-pneus.
Quel bonheur de conduire les pieds au repos. Tu écoutes ta sélection musicale du moment, tu profites pépère du paysage, sur ta p'tite route de campagne, même si tu es accompagnée de cette connasse de p'tite bruine. L'éclaircie tu y crois fort comme la mort, même si c'est pour demain.
Toujours la même végétation que celle de mon sud français, chênes lièges, pins, garrigue. Bon OK, les fermes sont des ranch et les basse-cours, de vastes champs fermes ou chevaux, vaches et même un troupeau de bisons paissent tranquillou, les sabots dans la bouillasse.
W. s'avérera sympa, mais sans plus. Serais-je blasée ? Les mall ont-ils fait de moi une vilaine shoppeuse de rien ? Après ces cinq années, j'ai un peu de mal a m'extasier devant les petites choses du cru, la finesse du point ou les odeurs entêtantes de la bouffetance locale ( un peu ras le bol des senteurs de cinnamon, de pumpkin & Co que tu peux respirer des l'ouverture de la porte-a-clochette. Ça me fout la gerbe et me colle des plaques a l'appendice nasal ), le pur texan glisse sur moi. Ce qui me faisait un effet Waou-génial les premières années me laisse pensive voir perplexe. Mes achats d'apprentie cow-girl achetés compulsivement dans une sorte de transe frénétique ont gentiment été remises dans un carton. Oui je sais. Il y a peu je rêvais encore d'un footstool en peau de vache.
Quelle belle facilite d'adaptation me direz-vous.
Soit. Je me caméléone avec aisance.
Bref, une petite trentaine de maisonnettes mises en boutiques. De l'artisanat, des sculptures surprenantes de bêtes en tôles rouillées et pleines de moustaches, plutôt amusantes, de la décoration de Noël, de la fringue tres moche, du vintage, de la brocante et un peu de bouffe, tout ça dans la grande rue du village.
Allez, j'avoue, j'aurais pu investir dans la couronne de piments rouges a prendre sur ma porte d'entrée, si je n'en avais pas mise une ra-vi-ss-ante en forme de coeur. Rassurez vous, j'ai quand même acheté ma merdouille texane que je collerais dans la babouche de H. Ça vous donne une idée de mon état mental de pauv' fille incapable de se maîtriser.
Jolie surprise de fin de journée quand je suis entrée dans cette petite bicoque qui se trouve un peu en retrait.
Chaque pièce est aménagée selon son utilité. Ainsi, tu te promènes du salon a la chambre a coucher, en passant par la cuisine et redécouvre les objets d'antan, les habits que tu aurais pu trouver chez tes grand-parents période après-guerre. Du déjà-vu mais la mise en scène est naturelle, il fait chaud, ça ne pue pas et la musique est française, on est bien. Dans la chambre du fond, aux cotes des bibis de ma grand-mère, un chapeau de toréador. Un vrai de vrai, tout rond avec les cotes en forme de macarons ( tiens pendant que j'y pense, djellaba-girl-au-bas-de-survet-rose, avec ton casque sur les oreilles tu ressemblais a Princesse Leila ). Noir et rendu de satin rouge sang dessous. Je le prends, le retourne. Le prix est dérisoire, 8 ou 10 barquettes de framboises ou une douzaine d'huitres a se faire livrer par internet.
J'hésite, je me tâte et pour une rare fois m'interroge sur l'intérêt de l'achat. Genre je fais la blonde a l'envers. SOUPIRS de folie.
Mais quelle coonnnnnnnneeeeeeeeee. Je ne l'ai pas pris. Je-ne-l'ai-pas-pris. JE NE L'AI PAS PRIS.
Et me voila depuis, hantée par cet objet.
Ça vous arrive ce genre de bête hésitation ??? Je ne cause pas ici de bottes ou de sacs a main car ça peut aussi arriver, la c'est bien plus grave, objet unique dans un endroit unique. J'en suis malade.
Bon ici Blabla neuve de 37 ans et toujours insomniaque.
09:15 Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, regrets, vintage, blondeur extreme, toreador, queue, oreilles
lundi, 17 décembre 2007
Tubble Gum
" Allo, bonjour ici John Doe, nous étions ensemble du Cp au CM2 ... blablablablablabla, je te rappelle "
" Allo, salut c'est encore moi, John Doe, bon, t'es pas la ... blablablablabla ... "
Deux messages, pas de coordonnées laissées, un nom et un prénom inaudibles.
Ça te laisse une blabla interloquée plutôt mi-figue-mi-raisin, et un mari en position foutage de moi.
J'y pense et puis j'oublie ...
Je reçois, deux semaines plus tard, une carte de voeux de mon John Doe - que j'avais complètement zappe - et qui retrouve comme par magie une identité: GR.
Un numéro de téléphone et un émail. Je suis sauvée. Le téléphone après 30 ans d'absence et de souvenirs carrément flous, ouais mais non, pas pour moi.
Evidemment impossible de mettre un visage sur ce prénom familier. Après quelques mails échangés, photos de classes envoyées et le fatal "mais bien sur, je ne connais que toi, comment ai-je pu ", il m'annonce qu'il a une conférence a A. Texas mi-janvier.
Woua-la, taquet frontal, retour dans la vraie vie actuelle, je ne suis plus en 1977 mais en 2008. J'ai bientôt 37 ans, mais toujours une âme d'enfant. Le rendez-vous est pris, il vient dîner et pas jouer aux billes. H hilare. Moi curieuse.
Ouais parce que tu vois GR, c'était mon copain de billes, celui avec lequel je creusais des pots sous les marronniers devant l'école. celui a qui - en autre - je refilais les soldats de plombs de collection de mes frères en échange des réponses aux interrogations de maths.
Oui j'ai commence tôt dans les tricheries de la vie. Touriste de la vie en culottes courtes. J'ai tellement aime ces années de primaire, que jusqu'au premier trimestre de ma sixième, je suis retournée a l'étude du soir et sans vouloir dénoncer quiconque, je n'étais pas la seule.
Me voila donc en l'espace de quelques instants riche d'une vingtaine d'amis de trente ans. Et j 'ai en ma possession TOUTES les coordonnées de ceux dont il a retrouve la piste. Vingt sur vingt quatre. Même celles de nos instituteurs.
Je savoure juste et j'apprécie de les savoir a portée de main, mais n'éprouve aucun besoin d'appeler. Pourquoi faire ?
J'ai souvent parle de Monsieur S. mon instituteur permanente-aux-ongles-ronges qui roulait dans une Citroen bleu roi, et je m'aperçois que finalement je ne les ai jamais oublie. Mémoire interne. Punkt.
Je fouille, je recherche quand même dans son tableau Excel ma meilleure amie de l'époque M, avec laquelle je faisais des bêtises derrière la synagogue dans laquelle son père officiait. Je sais qu'elle a déménagé juste après en région lyonnaise. Et chaque été lorsque nous traversions Lyon, j'imaginais naïvement la croiser sur l'un des quais. J'ai très souvent pense a elle et l'ai souvent évoquée, mais sans jamais prendre la peine de la rechercher sérieusement. A quoi bon ?
Une petite recherche internet plus tard du cote Queen Mother - invalide, pétrie d'ennui qui se mêle toujours de ses affaires, moral au plus bas by the way - un téléphone texan qui sonne et me voici sans voix, avec ma vieille amie. Ça pue le Bruel.
Moi-je-te-dis-quand-même-duraille, enfin, chouette mais un peu weird tout ça.
Comme d'hab' souvenirs et nostalgie déboulent. Ça fait déjà une semaine que je me penche sur mes vielles photos de trente ans, que je souris bêtement mais que la, ca va trop vite. Je sais pas.
Argll, j'aime bien, j'avoue, mais quelques réflexions plus tard, je ne suis pas sure. Ça va donner quoi ? Rien certainement.
Heureusement que ce ne sont pas les années de collège ou de lycée qui ont débarqué, parce que la, j'aurais pas suivi le mouvement. Trop d'implications émotionnelles et moins d'innocence dans ces années la.
La, ça va, c'est biquet, ça sent encore le Tubble Gum.
Je n'ai encore vu personne. Ma mémoire est intacte. Idéalisée ? Édulcorée ?
Justement, une fois le processus de retrouvailles mis en branle, est-ce que tout ça ne va perdre tout son charme ?
03:45 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, souvenirs, friends, enfance
vendredi, 14 décembre 2007
Mister Opossum
00:55 Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, pensees, mort de l'opossum
samedi, 08 décembre 2007
Eau de cologne et p'tites pastilles
Suzon s'est éteinte cette nuit et je pleurs sur ma lointaine Bourgogne.
C'était la dernière de mes aïeules.
Je suis heureuse pour elle. Elle le méritait son repos éternel, depuis le temps qu'elle le réclamait. 97 ans, c'est une longue vie. Et la voici enfin délivrée de son ennui.
Aujourd'hui, c'est juste un peu dur. Un pas de plus a faire, une enjambée de sept lieues pour la petite fille de l'Arquebuse que j'ai laissée la-bas. J'ai mal a la fillette, entre deux sanglots et deux sourires, je me souviens de ma Bourgogne.
Je pense a tous mes Noëls passes la-bas, quasiment tous jusqu'a ce que je parte de la maison. Nous avons, mes frères et moi, garde de nombreux souvenirs, nous avons eu une belle enfance. Les seuls petits-enfants du fils unique arrivé tardivement, un miracle disait-on ... Assurément, nous avons été choyés, entoures et aimes par toutes les femmes de cette petite famille.
C'est de mon patrimoine dont il s'agit, de mon enfance et de mon adolescence. Héritage de tendres souvenirs.
A peine a deux heures et demie de route de la maison, la table était déjà dressée, pressée de nous voir tous débarquer. Les plats nous attendaient. Le jambon persille en entrée, le gigot d'agneau et ses haricots blancs, le pot au feu ou la blanquette de veau ... les escargots et les coquilles Saint Jacques faits maison pour les grandes occasions et toujours en dessert, au choix, une crème renversée ou une île flottante. Ils savaient vivre dans ma famille.
C'est toujours avec délice que je me plonge dans les menus de communion ou de mariage de leur époque. Ces festins tenaient sur une double page, quelle farandole de vins ... frissons d'envie, soupirs d'extase. Recevoir sa famille proche et lointaine et pas seulement pour les fêtes, mais aussi après les vendanges ou une récolte de fruits, était un art de vivre, un bonheur partage.
Oui, en bonne terrienne, je songe avec gourmandise a tous ces repas qui duraient trois plombes. Au moment ou le café était servi, je jouais invariablement aux dominos et au loto. A la promenade digestive faite quelques heures après a l'Arquebuse pour donner du pain aux canards et jeter des cailloux sur les carpes obèses du bassin.
Et pendant ce temps la, les femmes de la maison s'occupaient du reste. Au dessus des éviers, les trois soeurs s'affairaient, leurs seins-polochons serres dans des tabliers, leurs chignons blancs retenus par des peignes et des épingles. La vaisselle était faite a la main, essuyée puis remise sur la table, prête pour le dîner. Nos samedis étaient charges de 1000 bonnes choses.
Le week-end a la mode bourguignonne était réglé comme une pendule.
Le déjeuner et le dîner du samedi chez les grand-parents, le déjeuner du dimanche chez les tantes. La messe du dimanche matin, a Saint Bénigne avec les uns, ou a Saint Michel avec les soeurs, parfois a Notre Dame. J'étais toujours en retard, me décidant a la dernière minute, quelle église mériterait mon inattention. J'aimais les surprendre et glisser ma main dans la leur, gantée, bien plus douce. Et guetter ensuite l'arrivée des autres. Girouette a couettes. Je me moquais de prier, je faisais semblant, seules les odeurs, les nuques, l'atmosphère et la paix du Christ comptaient pour moi.
Puis venait le passage dans la pâtisserie du quartier, le choix du dessert souvent déjà réservé. La montée d'escalier en pierre de Bourgogne, les patins a mettre des l'entrée. Respecter l'interieur de ces deux soeurs. En douce, je fouillais dans leurs placards de salle de bain, me poudrais le nez, m'aspergeais de sent-bon !
Drôle et pleine de malice rentrée, Suzon a enfin respire, le jour de la mort de sa soeur, débarrassée du joug de son aînée.
Les w-e se sont espaces et nous sommes rapidement passes de l'appartement encaustiqué a une petite maison de retraite toute moche. Ca faisait une quinzaine d'années que Suzanne se morfondait dans sa chambre. Attendant et réclamant que la mort vienne la prendre, en vain. Puis, elle a doucement perdu la tête. Elle s'est même échappée une fois, voulant faire quelques courses. Ça m'a beaucoup fait rire a l'époque, les autres, beaucoup moins.
Suzon, qui perdait la boule, ne reconnaissait même plus ses visiteurs, mais elle ne voulait plus mourir, c'était déjà ça. J'étais ravie pour elle. Elle vivait dans son monde, dans un passe réinventé. Bougonnant sur l'absence de sa soeur qui devait être une fois encore en ville ou a l'étude. Râlant sur sa voisine qui n'avait pu venir lui rendre visite. Me parlant de Gaston, leur frère, que je n'ai jamais connu, alcoolique notoire et coureur de jupons, la honte de la famille.
Elle continuait a nous accueillir, faisant notre connaissance a chacune de nos rares visites. Nous vouvoyant bien poliment, trouvant les p'tites que je lui amenais bien jolies et très gracieuses. Nous disant, que si elle avait su, elle serait partie chez Mulot acheter des longuets, aurait préparé du thé et passe une autre robe. Tout ça en tentant coquettement de redonner un peu tenue a ses cheveux. Puis elle ouvrait le deuxième tiroir de sa table de chevet et agitait sous le nez de mes deux grenouilles, des pastilles Vichy. Et c'est ainsi que naissent des légendes.
Les bougresses se remettaient a peine de leur passage dans le hall d'entrée du mouroir, que leurs bouches étaient déjà remplies de bonbons. Quelle horreur de passer devant toutes ces vieilles femmes aux bras décharnés et aux bouches édentées. A chaque fois, le même comité d'accueil tentait d'en caresser une. Même moi, j'avais peur.
Mais passe la porte de Suzon c'était bon. Des cadres familiers, photos de nous tous et un peu d'eau de cologne flottant dans l'air effaçait toutes ces odeurs de mort et de potage.
Un paquet de pastilles Vichy, celui de la tante Suzanne, est ramené chaque été pour ma voiture et dans ma salle de bain trône au milieu des parfums plus capiteux, une grande bouteille familiale de "Bien Être".
Suzanne, c'était ça, et c'était bien plus qu'une grand-tante.
00:25 Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, pensees, famille
jeudi, 06 décembre 2007
La rythmique de mon cantique
J'ai viré la salle a manger. Pas de réceptions, ni de dînettes bien arrosées ne sont prévues avec de bons copains d'ici 28 week-ends. 28 sera mon chiffre de fin d'année. Maintenant pour les égarés de passages, c'est direct la kitchen, sur une table éclairée par des bougies avec vue sur le jardin pour les chanceux et le bordel de la cuisinière pour le reste. Dehors si le temps le permet, ou vautres par terre devant la cheminée a grappiller directement sur la table. Bonheur.
Cet espace ouvert, ne servait donc a rien. Seule la moquette, la table ronde et ses 4 chaises profitaient du soleil matinal et du trafic de la rue. Fulguro-point, tornade, déménagement minute, en un tour de main, je me suis fait un salon d'hiver bien cosy.
Deux crapauds ressuscités papotent maintenant avec le voltaire du Grand-père. Le tapis élimé est en attente d'une longue table basse déjà imaginée. Penser a me remettre a cartonner. Nouvel endroit, petit boudoir de l'hiver qui s'installe, ma coulisse de rue.
Les rayons matinaux jouent avec la fumée de mes cigarettes, les poussières dérangées par les mouvements, tombent avec lenteur sur le tapis fatigue. C'est une drôle de lumière un peu lourde mais une atmosphère agréable. Comme celle d'un pantalon large et confortable, du pull adore et des vieilles babouches faites a ton pied. Lovée, jambes repliées, regard perdu, les mains encerclant un mug refroidissant.
Cette année, mise en scène a l'américaine pour my Christmas tree.
Mon beau sapin roi de chez Carrouf qui - malgré ses 8 années - n'a pas perdu une seule épine, est centre devant la fenêtre donnant sur la rue. Les décorations sont les mêmes que les années précédentes. Étoiles, flocons et coeurs aux matières feutrées, paillées, zinguées, boisées et lainées. Une guirlande, qui n'éclaire que partiellement, attend que je lui tripote l'ampoule défectueuse. Une crèche pour ma Provence, des dizaines de moutons devant la bergerie, quelques santons, une grosse lanterne-étoile-vitrée souvenir de Marrakech. Rien d'exceptionnel. Ah si, des calendriers de l'Aven déchiquetés, trainures de doigts impatients et chocolatés.
Du je-suis-bien-chez-moi.
Cote salon, rien, c'est encore l'été. Du raphia et des guirlandes blanches au fond des pots en zinc ou des vases transparents, des bûches en attente de froid polaire ( 0 hier, 21 today, oueeeeee, et goutte au nez pour tout le monde ). Des listes de Noël, chiffonnées, raturées, coloriées aux enveloppes 1000 fois ouvertes, rafistolées par du scotch qui ne tient même plus, sont parcourues de frissons excites et traînent par terre.
Une maison au ralenti qui s'échauffe doucement au rythme d'une sélection musicale hétéroclite, de cantiques a la dfp.
Par contre dehors l'histoire est bien différente. Y'a batailles de boules de Noël, combats de guirlandes avec Nat my lovely neighbor. Enfin, après avoir déroule mes trois paquets de 100 loupiotes le long des rambardes du perron et planté mon Père Noël de 2m40, je me suis assise et je l'ai regarde sortir ses 29 packs de 300 ! On en reparle en photo. Parce que la j'ai spectacle, il est en train de poser Santa chevauchant un train rempli de cadeaux, genre un truc de la mort gonflable de plus de 3 mètres de long en haut de son toit.
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mercredi, 05 décembre 2007
Bourrinades
Je suis tombée de cheval ! Le ridicule de situation ne m'a jamais tuée, mais bon, il y a des choses qui ne se racontent pas, je dirais juste que c'était a l'arrêt, qu'il y a eu une histoire de selle, d'inattention, pour que vous ayez une vue d'ensemble.
Impression bizarre, mal de cul, chamade, tu te tates pour voir si tout va bien et tu attends un peu avant de te lever, pas bien sure. Je suis evidemment en pleine exagération, vu que j'ai métaphoriquement mal glissée sur une peau de banane.
Stacy, qui deviendra en quelques minutes une annesse a plumes, s'est rapprochée gentiment sournoisement. J'aurais du me méfier car la couleur avait ete annoncée par quelques effluves malodorantes. Stacy, demie-bourrine de son état, a écarté ses petite pattes arrières, a levé sa longue queue rousse et s'est gentiment mis a chier devant moi. J'ai même cru qu'elle souriait.
Non, elle souriait.
Mon petit-déjeuner, thé au lait, café, clop, un p'tit LU bien mélangé mais a peine digéré, a vite fait son demi-tour du jour, tentant de se faire une place au soleil. Hoquets venant de l'au-d'en-bas, agacements des boyaux, lutte de la mort contre le déchaînement de mes éléments. Le tout sur une odeur de crottin tiédasse et obsédante.
J'ai ravale tout ce que je pouvais, picotements et lait caille, j'ai joue la femme qui murmurait a l'oreille des chevaux, lui assenant un bon vieux rappel dans les naseaux, qu'aux Saintes, jamais Crin Blanc n'aurait fait ça a son meilleur ami: l'homme.
J'ai enfourche ma bête, pris les rennes, ma cravache et suis partie l'écume aux lèvres dans un galop maladroit, le coeur pas encore bien raccroche.
J'ai toujours eu beaucoup de mal devant la merde des autres, y compris celle de mes enfants.
Fin de l'épisode.
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dimanche, 02 décembre 2007
Echooooooooooo
02:20 Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : Blabla de fille, Brenda, la fee Daubette, humeurs du soir






